Par Souleymane Yahaya (Sahel Dimanche/ ONEP) 22.01.21/ Abari Aboubacar (CENI)

La Commission électorale nationale indépendante (CENI) a clôturé hier en début de soirée à Niamey deux jours d’échanges sur l’évaluation du déroulement des élections locales, présidentielle premier tour et législatives qui se sont tenues pendant le mois de décembre 2020 au Niger. A l’issue des travaux, les participants ont formulé 10 recommandations à la CENI et une autre aux partis politiques dans le but de mieux répondre aux attentes des prochains scrutins. Ces échanges visent essentiellement à faire une analyse critique du rôle de la CENI lors des élections de décembre dernier et à apporter des solutions aux manquements constatés.

Dans son mot de clôture, le président de la Commission électorale nationale indépendante s’est félicité de la mobilisation de l’ensemble des acteurs présents qui se sont penchés sur les forces et les faiblesses du déroulé de ces « sensibles » journées électorales. « Nos interrogations , dit-il, nous ont permis de détecter les faiblesses, de déterminer les mesures d’ajustement, ainsi que la vision, les moyens, les gestes et les actions nécessaires à l’accomplissement et à la conduite du prochain tour décisif que nous devrons conduire pour enfin désigner un Président de la République pour notre pays. Nous savons que le chemin est long dans les épreuves mais court dans le temps puisque nous devons faire preuve de diligence et de vigilance sur l’ensemble des points pouvant concourir à la réalisation de ce deuxième tour ».

Me Issaka Souna a exprimé son vœu de voir que toutes les personnes qui ont fait preuves d’abnégation et qui ont pris des risques en s’investissant pour que le processus électoral puisse se dérouler normalement continuent encore de s’investir afin que le deuxième tour soit un réel succès. Il a également souhaité que les personnes qui ont accompagné la CENI et qui reconnaissent ses vertus, ses qualités et ses échecs apportent leur soutien à la commission pour un meilleur succès du processus électoral à venir. « Nous n’avons pas droit à la faute… Nous souhaiterons continuer dans la plus grande lucidité la suite de ce processus électoral », a indiqué le président de la CENI, qui a rendu un hommage appuyé aux forces de défense et de sécurité qui « ont accompagné la CENI de façon professionnelle et efficace ».

Dans les recommandations rendues publiques à la fin des échanges, les participants recommandent à la CENI d’améliorer les dispositions sécuritaires de l’acheminement des agents, du matériel et des documents et de renforcer les moyens logistiques de l’acheminement des procès-verbaux de dépouillement à temps. Ils recommandent aussi de renforcer les modalités de la transmission des résultats des bureaux de vote à la commission, de renforcer la capacité des membres des bureaux de vote pour améliorer qualitativement et quantitativement les résultats au second tour, de vérifier l’authenticité des procès-verbaux en présence des membres de bureau de vote qui les ont amené et de remplacer les présidents des commissions électorales déconcentrées qui ont fait preuve d’indélicatesse ou d’incompétence.

La révision du temps de formation des membres des bureaux de vote qui passe à 2 jours, l’adaptation des ressources, supports et personnels dans la sensibilisation en fonction des cibles et objectifs à atteindre, l’application stricte des dispositions du code électoral en cas d’abandon de poste des membres du bureau de vote, ainsi que la formation d’un comité de suivi au niveau des différentes recommandations font partie des mesures envisagées contenues dans le communiqué final. Aux partis politiques, les participants leur demandent de designer et mettre à temps à la disposition de la CENI les membres des bureaux de vote « conformément aux dispositions des articles 80 et suivants du code électoral ».

Les deux journées d’information, de partage d’expériences et d’évaluation des élections locales du 13 décembre 2020 et du premier tour de l’élection présidentielle couplée aux législatives du 27 décembre 2020 vont permettre à la CENI d’améliorer sa prestation lors du processus électoral du 21 février prochain.