Par  Seini Seydou Zakaria (Le Sahel /ONEP) 14.09.20

Les experts de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) et de la Commission Économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), respectivement, M. Désiré Nyaruhirira et Mme Alapini Liliane ont conjointement présenté le 11 septembre dernier au public les résultats de l’audit du fichier électoral biométrique du Niger. Les auditeurs ont affirmé que le document est fiable. Il revient à la CENI de mettre en œuvre les recommandations formulées. La cérémonie s’est déroulée en présence du président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Me Issaka Souna, des représentants des organisations internationales et ceux des organisations de la société civile et des partis politiques.

L’intervention des experts est structurée sur trois principaux points à savoir, la définition du cadre d’intervention des experts de l’OIF et de la CEDEAO, la portée de l’audit et les principaux résultats accompagnés de recommandations. Ainsi, selon l’expert de l’OIF, M. Désiré Nyaruhirira a d’abord présenté le terme de référence de l’audit avant de passer à l’analyse qualitative et quantitative des données du fichier électoral. Ils ont également présenté l’inventaire des forces et des faiblesses avant d’insister sur l’intégration des recommandations pour les mesures correctives.

Les experts ont expliqué que durant leurs travaux, ils ont analysé la cohérence du contenu, l’unicité de l’électeur, un électeur un bureau de vote, la procédure de validation des électeurs, l’examen et l’analyse croisés du fichier électoral, du découpage électoral et de la population électorale.  Il y a également l’analyse du dispositif d’enrôlement et de traitement afin de dégager les forces et faiblesses du fichier électoral. Selon l’expert de l’OIF, en ce qui concerne les forces du fichier, les textes et les dispositifs respectent les normes et standards internationaux et couvrent suffisamment l’essentiel des aspects relatifs à l’enrôlement des électeurs et la  constitution du fichier électoral. Le rapprochement de l’enrôlement aux citoyens par la méthodologie de déploiement des kits d’enrôlement dans les centres d’enrôlement et de vote est respecté. Ensuite le respect du rapprochement des électeurs de leurs bureaux de vote (distance maximum de 2 km), la procédure de réclamation et de correction des listes provisoires et l’introduction de la biométrie etc.

En ce qui concerne les faiblesses, les experts relèvent qu’au niveau du cadre juridique et du dispositif d’encadrement de l’enrôlement, il ressort de multitude de documents justificatifs pour l’enrôlement. On note également l’institution du système de témoignage pour justifier l’enrôlement des électeurs sans documents d’identification. Au niveau du contenu du fichier, on observe le non-respect du seuil minimum légal de 50 électeurs par bureau de vote et l’attribution de NINANI aux électeurs non valides (5000 environ), l’absence de la diaspora, l’incomplétude de certaines rubriques exigées. Les auditeurs ont formulé des recommandations à la CENI qui sont deux ordres à savoir celles d’’application immédiate et à moyen terme.

Pour les recommandations à application immédiate, il s’agit de rééquilibrer les bureaux de vote dont le nombre d’électeurs est moins de 50 ; corriger les données des électeurs avec statut non valide et ayant obtenu un NINANI; prendre les actes suivants pour formaliser la procédure d’impression et de délivrance de la carte d’électeur. C’est-à-dire un arrêté précisant les conditions d’édition de la carte d’électeur biométrique et un autre fixant les conditions de distribution des cartes d’électeur. Il y’a également la prise d’un acte règlementaire déterminant les modalités et conditions d’établissement du duplicata de la carte d’électeur. Les experts recommandent à la CENI de publier le répertoire des bureaux de vote et la liste électorale sur internet et mettre en œuvre un système de consultation de la liste électorale par internet et par SMS. Le maintien du comité ad hoc des observateurs également afin d’assurer le suivi de la mise en œuvre des recommandations à effet immédiat.

En ce qui concerne les recommandations à moyen terme, les experts préconisent l’enrôlement de la diaspora et les sélecteurs dans les régions en situation d’insécurité dès que les conditions le permettront. La production de carte d’électeur dont le support peut résister 10 ans, bâtir un système d’état civil moderne qui gère une base de données «racine» afin de fiabiliser et d’harmoniser l’ensemble des documents nationaux d’identification. Et enfin faciliter la mise à jour périodique de la liste électorale biométrique. L’expert de l’OIF a affirmé que l’organisation tient à l’intégration des recommandations correctives du fichier électoral biométrique.