«Le Niger dispose d’un fichier électoral biométrique duquel est extraite une carte d’électeur biométrique», déclare Me Issaka Souna

Par Hassane Daouda (Le Sahel / ONEP)

Le président de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI), Me Issaka Souna a animé hier, 30 Août 2020, un point de presse relatif aux rumeurs qui circulent ces derniers temps sur les réseaux sociaux, tendant à faire croire à l’opinion nationale et internationale que la Commission a tourné le dos au fichier électoral biométrique et en particulier à la carte d’électeur biométrique. Il s’agit pour Me Issaka Souna, d’apporter à travers cette sortie médiatique, des clarifications, des précisions, bref la part de vérité de l’institution par rapport à ces rumeurs infondées et totalement inexactes.

À l’entame de ce point de presse, le président de la CENI Me Issaka Souna a précisé qu’il ne souhaite pas qu’un discrédit inutile soit jeté sur le processus électoral. «Nous ne savons pas quelle est l’intention des gens qui font circuler ces rumeurs nauséabondes. Ce que nous souhaitons par contre, c’est de préparer un processus électoral limpide en le conduisant proprement à bon port afin de rendre la copie propre le moment venu. Ce que nous souhaitons également, c’est des élections qui se déroulent dans la paix, la sérénité et la sécurité pour tous. C’est pour cela qu’il est du devoir de la CENI d’apporter les clarifications nécessaires pour que l’opinion publique nationale et internationale, suffisamment intoxiquée par ces «média spéciaux» comprenne qu’il faut éviter de développer des choses qu’on ne connait pas. Il faut surtout éviter de développer des choses qui sont susceptibles de diviser la Nation ou de provoquer des malentendus totalement inutiles dans ces moments difficiles que le Niger traverse. La part de vérité de la CENI, c’est que ces rumeurs sont totalement inexactes, fausses», a soutenu Me Issaka Souna.

Parlant de l’évolution du processus électoral au Niger Me Issaka Souna a indiqué que par le passé, les élections avaient lieu dans un premier temps à travers des registres manuscrits. C’est sur ces registres manuscrits que les citoyens venaient voter et on cochait leur vote sur cette base. Puis, on a évolué vers le registre informatisé ou informatique. Progressivement, toujours dans la quête de sécurisation du processus, on est passé du bulletin multiple au bulletin unique. Et puis finalement, les différents acteurs ont souhaité et décidé d’avoir un fichier électoral biométrique. Pourquoi ? Il s’agit selon Me Issaka Souna de sécuriser le processus électoral en faisant en sorte qu’il ait le maximum de confiance possible dans le bon déroulement des élections.

Me Issaka Souna d’expliquer que le fichier biométrique est un ensemble d’opérations qui permettent d’établir l’identité d’une personne, de la figer et de la rendre à nul autre pareil. À l’issue de cette opération, le citoyen est unique avec son numéro d’identification, sa photo, ses empreintes digitales, son identification complète (Nom, Prénom, date et lieu de naissance, nom des parents, profession, domicile). Toutes ces informations sont sur le fichier. À partir de cela, le traitement biométrique qui est fait, a dit le président de la CENI, compare chaque électeur aux 7,5 ou 7,8 autres personnes présentes dans ce même fichier si bien qu’au bout du compte, toute personne qui est identifiée et définitivement identifiée, reste figée sauf correction lorsqu’elle le demande. À la suite de cela, la base de données sort dans un document qu’il est convenu d’appeler liste électorale biométrique. Cette dernière est affichée sur l’ensemble du territoire national afin que tous les Nigériens puissent aller consulter si leurs noms, leurs identités, leurs âges sont authentiques.

Cette étape d’affichage de la liste électorale biométrique provisoire permet également de vérifier que des personnes qui n’ont pas droit d’être dans le fichier n’y soient pas. «C’est après toutes les réclamations et les corrections qu’on obtient un fichier dit biométrique et prêt à être affiché. La CENI se trouve actuellement dans cette situation qui consiste à finaliser les corrections qui vont déboucher dans quelques jours sur le fichier électoral biométrique final», a souligné Me Issaka Souna avant d’ajouter qu’aujourd’hui le Niger dispose d’un fichier électoral biométrique duquel est extrait une carte d’électeur biométrique par destination. La carte d’électeur en carton est totalement différente de la carte d’électeur biométrique. Cette dernière, a dit le président de la CENI est la mieux sécurisée. C’est dire que la CENI reste et demeure totalement installée dans la biométrie. Toutefois, le président de la CENI relève qu’il ne faut pas que les gens croient que la biométrie est la panacée. «Il n’y a jamais de sécurité absolue dans n’importe quel processus», a souligné Me Issaka Souna.

S’agissant du vote électronique, le président de la CENI  a été, on ne peut plus clair. Ce vote n’est prévu dans aucune loi nigérienne. «Croire que tout citoyen pourra voter n’importe où ou voter plusieurs fois est une fausse croyance. Personne ne votera deux fois. La CENI fera en sorte que l’ensemble des votes exprimés soient protégés et sécurisés. Il n’y aura pas de vote non encadré par la loi électorale» a rassuré Me Issaka Souna. En ce qui concerne l’audit du fichier électoral biométrique, le président de la CENI a précisé que les partenaires internationaux comme l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF); l’Union Africaine (UA) ont été invités etc. Certains membres des délégations sont déjà là. D’autres viendront dans les jours à venir afin de pouvoir auditer le fichier électoral biométrique. Me Issaka Souna a par ailleurs lancé un appel à l’ensemble des partis politiques, à la presse et à tous les acteurs. «Nous avons le devoir de rester responsable».